Vue sur le Mont Thabor - Valfréjus

Deux jours vers le Mont Thabor : de Valfréjus aux 3178 mètres

mercredi 2 septembre 2026
Au programme : un itinéraire par le GR5, une nuit en refuge et une ascension entre lacs d’altitude et paysages lunaires
Randonneuse faisant l'ascension du Mont Thabor

Le Mont Thabor ne se résume pas aux derniers mètres qui conduisent à son sommet.

En choisissant de l’aborder sur deux jours depuis Valfréjus, l’itinéraire devient une véritable traversée de paysages : le GR5 et les alpages du Lavoir, les lacs Sainte-Marguerite, une nuit au refuge, puis le lac du Peyron et les terres minérales qui mènent jusqu’à la chapelle et aux 3 178 mètres.

Repères d'itinéraires

Day 1
Lavoir → la Losa → GR5 → col de la Vallée Étroite (2 434 m) → refuge du Mont Thabor, à près de 2 500 m.

POINT DE DÉPART PÉDESTRE

Parking du Lavoir, au-dessus de Valfréjus, à env. 1 915 m. Accès par la route forestière carrossable depuis la station.

REPÈRE OFFICIEL JOUR 1

5,2 km, env. +587 m et 2 h 45 jusqu’au refuge selon la fiche itinéraire de Valfréjus. Notre départ à 9 h nous a permis d’arriver pour le déjeuner.

AUTOUR DU REFUGE

Lacs Sainte-Marguerite : lac Rond et lac Long, à quelques minutes du refuge. Après-midi idéal pour récupérer avant le sommet.

Day 2
Refuge → col de la Vallée Étroite → lac du Peyron → Chances du Peyron → col des Méandes → chapelle Notre-Dame-des-Douleurs → Mont Thabor (3 178 m).

REPÈRE OFFICIEL SOMMET

Depuis le refuge : env. 14,7 km aller-retour, +975 m et 6 h selon la fiche officielle. Les temps restent indicatifs et dépendent des conditions et du rythme du groupe.

DIFFICULTÉ

Pas de difficulté technique majeure sur l’itinéraire estival classique, mais une bonne condition physique est nécessaire : altitude, longueur et pente terminale soutenue.

BALISAGE

Rouge et blanc sur le GR5, puis balisage local. En début d’été, des névés peuvent subsister : toujours vérifier météo et conditions avant le départ.

Jour 1 – Du Lavoir au refuge

Le GR5 comme fil rouge

Pour une randonnée de 2 jours au départ de Valfréjus, le point de départ pédestre le plus logique est le Lavoir. Depuis la station, une route forestière carrossable permet de rejoindre ce secteur situé à environ 1 915 mètres d’altitude.

C’est ici que l’on quitte réellement l’ambiance de la station pour entrer dans le massif du Thabor. Le Lavoir constitue aussi un repère important de l’histoire locale : l’ancienne caserne du secteur rappelle la présence de la ligne Maginot des Alpes, tandis qu’une fromagerie d’alpage anime aujourd’hui les lieux en saison.

Paysage au cours de la randonnée au Mont Thabor

À 9 h, nous commençons la marche. Les premiers lacets prennent rapidement de la hauteur au-dessus du Lavoir. Le sentier suit le GR5, reconnaissable à son balisage rouge et blanc.

Ce grand itinéraire de randonnée traverse les Alpes et, ici, il joue un rôle très concret : il relie la Maurienne au col de la Vallée Étroite avant de basculer vers le secteur de Névache. Pendant une bonne partie de cette première matinée, il sera notre fil conducteur.

Randonneuse au Mont Thabor
Randonneuse sur le GR5 vers le Mont Thabor

La première montée franchit le verrou qui domine le parking et conduit à la Losa, près d’une petite retenue d’eau. À cet endroit, le chemin se sépare : l’itinéraire des Sarrasins part d’un côté, tandis que nous restons sur le GR5 en direction du col de la Vallée Étroite. Le parcours devient alors plus régulier. La pente se déroule dans les prairies d’altitude, entre chalets, ruisseaux et grands versants ouverts.

C’est un début de randonnée particulièrement agréable parce que le paysage évolue sans brutalité. La forêt et les zones plus fermées de Valfréjus s’effacent progressivement. La montagne s’ouvre autour de nous, mais l’ambiance reste encore douce, très loin du décor presque désertique que nous découvrirons le lendemain.

Randonnée au Mont Thabor et vue sur les sommets

Le GR5 finit par rejoindre le col de la Vallée Étroite, à 2 434 mètres. Ce col est un véritable carrefour : poursuivre le GR5 permet de descendre vers la Vallée Étroite et Névache, tandis qu’un embranchement rejoint le refuge du Mont Thabor, légèrement en retrait. Il faut compter une vingtaine de minutes pour atteindre le bâtiment, à près de 2 500 mètres d’altitude.

POURQUOI LE GR5 EST IMPORTANT ICI ?

Au col de la Vallée Étroite, le GR5 relie le versant de la Maurienne à la Vallée Étroite et au secteur de Névache. Le refuge du Mont Thabor est une étape majeure des itinéraires de grande randonnée du massif, notamment le GR5, le GR57 et la Grande Traversée des Alpes.

Déjeuner au refuge, puis après-midi aux lacs Sainte-Marguerite

Nous atteignons le refuge à l’heure du repas de midi, exactement comme nous l’espérions. La terrasse devient notre première récompense.

Après la marche du matin, nous posons les sacs et prenons le temps de déjeuner face aux montagnes autour de bons plats traditionnels. Le contraste est immédiat : quelques minutes plus tôt nous étions encore concentrés sur la progression ; désormais, il n’y a plus aucune raison de se presser.

Déjeuner au refuge du Mont Thabor

Le refuge du Mont Thabor est intimement lié aux grands itinéraires du secteur. Il sert d’étape au GR5, au GR57 et à la Grande Traversée des Alpes.

Son implantation légèrement à l’écart du col de la Vallée Étroite n’est pas un hasard : construit à la fin des années 1970 et inauguré en 1980, il est venu raccourcir une étape qui était autrefois particulièrement longue entre la Maurienne et la Vallée Étroite. Aujourd’hui, il constitue un camp de base idéal pour couper l’ascension du Mont Thabor en deux journées plus équilibrées.

Une fois le déjeuner terminé, l’objectif de l’après-midi est tout autre : récupérer. Derrière le refuge s’étendent les lacs Sainte-Marguerite, nom qui regroupe notamment le lac Rond et le lac Long. Ils se trouvent à seulement quelques minutes de marche et composent un paysage beaucoup plus paisible que ce que laisse imaginer la perspective du sommet.

Vue sur les lacs Sainte-Marguerite lors de la randonnée au Mont Thabor
Lac de montagne lors de la randonnée au mont Thabor

Nous passons l’après-midi autour de l’eau, sans chercher à ajouter des kilomètres au compteur. Les jambes se reposent, les chaussures quittent parfois les pieds et le regard se promène d’une rive à l’autre. Les reflets changent avec la lumière, les reliefs environnants se dessinent à la surface des lacs et le vent suffit à modifier complètement la scène en quelques secondes.

Prendre deux jours pour le Thabor change ici toute la logique de la randonnée. Le premier jour n’est pas une simple marche d’approche que l’on chercherait à expédier. Il devient une partie du voyage à part entière : une montée raisonnable, un vrai repas en refuge, puis plusieurs heures pour profiter calmement des lacs Sainte-Marguerite.

C’est aussi une façon intelligente de garder de l’énergie pour le lendemain, lorsque l’altitude et la pente vont progressivement se faire sentir.

Vue sur un lac en randonnant vers le Mont Thabor
Randonneurs faisant étape au refuge du Mont Thabor

Le secteur appartient au site Natura 2000 du Thabor, qui couvre environ 4 800 hectares entre 1 750 mètres et les 3 178 mètres du sommet. Le périmètre rassemble pelouses, landes, zones humides, éboulis, rochers et une trentaine de lacs situés à plus de 2 000 mètres.

À cette heure de la journée, c’est surtout cette diversité que l’on ressent : quelques pas suffisent pour passer d’un replat herbeux à une rive, d’un petit vallon humide à un éboulis clair.

Une nuit en refuge sous les étoiles

En fin de journée, le refuge retrouve peu à peu son calme. Les randonneurs rentrent, les conversations se font plus discrètes et les reliefs perdent leurs couleurs. La lumière baisse derrière les crêtes et l’on commence à penser à l’ascension du lendemain : vérifier le sac, préparer ce qui sera nécessaire au matin, puis profiter des dernières minutes dehors.

La nuit offre finalement l’un des souvenirs les plus marquants de ces deux jours. Lorsque le ciel devient complètement noir, les étoiles apparaissent par centaines au-dessus du refuge. Nous retournons près des lacs Sainte-Marguerite et le spectacle prend une autre dimension : le ciel se reflète dans l’eau sombre, donnant parfois l’impression que les étoiles se prolongent sous nos pieds.

Vue sur la voie lactée au-dessus du refuge du Mont Thabor
Ciel étoilé lors d'une nuit en refuge au mont Thabor

Plusieurs étoiles filantes traversent la nuit pendant que nous restons au bord des lacs. Certaines sont suffisamment lumineuses pour être visibles dans le reflet de l’eau.

Après une journée passée à marcher, cette parenthèse silencieuse est presque aussi importante que le sommet lui-même. Elle rappelle ce que permet une nuit en refuge : rester en altitude au moment où la plupart des visiteurs sont redescendus dans la vallée et voir le massif changer complètement de visage.

Il faut malgré tout finir par rentrer dormir. Le réveil du lendemain marquera le début d’une randonnée beaucoup plus longue et plus exigeante. Le Thabor est encore invisible dans la nuit, mais son altitude — 3 178 mètres — donne déjà une autre saveur au départ qui nous attend.

Jour 2 – Du col de la Vallée Étroite au lac du Peyron

Entrée dans un monde minéral

Le lendemain, nous quittons le refuge pour reprendre la direction du col de la Vallée Étroite. C’est ici que l’itinéraire du sommet se sépare clairement du GR5 : le GR continue vers la Vallée Étroite, tandis que notre trace part vers le lac du Peyron. Le décor reste d’abord fait de prairies d’altitude et de vallons ouverts, ce qui rend la transition vers la haute montagne encore plus spectaculaire.

Le sentier traverse une succession de replats puis rejoint le lac du Peyron. L’arrivée se fait après une courte descente entre de gros blocs. L’itinéraire longe ensuite sa rive nord avant de contourner la barre rocheuse qui domine le lac. Ce passage constitue un excellent repère dans la journée : derrière nous restent les paysages plus doux du refuge ; devant nous commence une montagne plus sèche, plus vaste et beaucoup plus minérale.

Randonneuse montant sur un chemin vers le mont Thabor

Au-dessus du lac, la trace se poursuit sur le secteur des Chances du Peyron, au pied de la silhouette rocheuse du Grand Séru. Les couleurs changent. L’herbe devient plus rare, les pierres prennent davantage de place et les grandes parois ferment ponctuellement l’horizon.

Le sentier reste lisible, mais le paysage donne déjà une impression de haute altitude.

Randonneuse face aux paysages du mont Thabor

À mesure que nous progressons, cette transformation s’accélère. Les tons verts disparaissent presque complètement. Le sol se teinte de jaune, d’ocre et de gris. Certaines pentes semblent n’avoir plus aucune végétation.

Les marcheurs deviennent de petits points sur des étendues immenses et l’ambiance prend ce caractère lunaire si particulier au Thabor.

Randonneuse sur le chemin du mont Thabor
Les paysages lunaires su Mont Thabor

C’est aussi dans cette partie de l’ascension que le regard commence à porter beaucoup plus loin. Des fenêtres s’ouvrent entre les crêtes et, à l’horizon, nous distinguons déjà les glaciers. La journée n’a plus rien à voir avec l’après-midi tranquille de la veille. L’altitude se fait sentir, les pauses deviennent plus fréquentes et chaque changement de pente donne envie de chercher le sommet du regard.

L’itinéraire se rapproche alors du col des Méandes. Ce passage marque le début de la dernière partie de l’ascension. Derrière nous, le lac du Peyron est déjà loin ; devant, le relief se dépouille encore. À partir d’ici, il faut accepter une progression plus lente et régulière. Le sommet paraît proche sur la carte, mais la pente terminale concentre une bonne partie de l’effort de la journée.

Randonneurs vers le mont Thabor

Le col des Méandes, la chapelle et les 3 178 mètres du Mont Thabor

Après le col des Méandes, la pente se redresse franchement. La dernière heure est la plus abrupte de l’ascension et le rythme change naturellement. On avance par lacets, parfois en levant la tête vers la crête, parfois en se concentrant uniquement sur les quelques mètres de sentier qui précèdent. À plus de 3 000 mètres, chaque pause offre l’occasion de se retourner : le paysage s’est déjà ouvert très loin derrière nous.

Peu avant le sommet, la chapelle Notre-Dame-des-Douleurs apparaît. Sa présence à cette altitude surprend toujours. Elle rappelle que le Mont Thabor n’est pas seulement un objectif sportif : le lieu est associé depuis des siècles à des pèlerinages venus des vallées voisines. Les archives citées par le Club alpin français attestent l’existence ancienne d’une chapelle : elle fut notamment reconstruite en dur en 1897 puis restaurée en 1951. Le chemin de croix qui accompagne les dernières pentes a, lui, été implanté en 1860. Lors de notre passage, le bâtiment est encore entouré de protections de chantier, mais sa silhouette et la grande croix restent des repères très forts dans le paysage.

chapelle Notre-Dame-des-Douleurs au Mont Thabor
Randonneurs au sommet du mont Thabor

Nous atteignons enfin le sommet du Mont Thabor, à 3 178 mètres. Après la dernière heure soutenue, l’arrivée est saisissante. La vue n’est plus enfermée par une crête ou un vallon : elle se déploie sur un ensemble de massifs, de sommets et de glaciers qui semblent se succéder sans fin. Le site officiel de Valfréjus décrit un panorama pouvant s’étendre du mont Viso à la Meije ; sur le terrain, c’est surtout l’ampleur du relief qui frappe immédiatement.

Nous prenons le temps de rester là-haut. La veille au matin, nous étions encore dans les paysages verts au-dessus du Lavoir. Depuis, nous avons suivi les marques du GR5, franchi le col de la Vallée Étroite, déjeuné au refuge, passé l’après-midi au bord des lacs Sainte-Marguerite, observé les étoiles se refléter dans l’eau, puis traversé le lac du Peyron et les pentes jaunes du Thabor. Le sommet réunit toutes ces étapes dans un seul regard.

La descente demandera encore de l’attention : la pente terminale reste raide et la fatigue commence à se faire sentir. Le retour s’effectue d’abord par le même itinéraire jusqu’au col des Méandes, puis vers le lac du Peyron et le col de la Vallée Étroite. Selon l’organisation choisie, il est ensuite possible de repasser par le refuge avant de rejoindre le Lavoir ; une variante officielle redescend également depuis le refuge par la Combe Grande Montagne, les chalets du Mounioz et le Plan.

Randonneurs redescendant du mont Thabor

Ce format sur deux jours est sans doute ce qui donne le plus de sens à l’itinéraire. Le Mont Thabor reste un objectif exigeant par sa longueur et son altitude, mais la nuit au refuge transforme l’ascension en petite itinérance.

On ne vient plus seulement chercher un 3 000 mètres : on traverse plusieurs étages de montagne, on prend le temps d’habiter le paysage et l’on comprend, en redescendant, que les lacs, le GR5 et la nuit étoilée compteront autant dans le souvenir que les quelques minutes passées au sommet.

Information

Préparer cette randonnée

Quand partir ?

L’itinéraire est généralement fréquenté en été et au début de l’automne, hors enneigement. Les conditions peuvent cependant changer rapidement en altitude. Des névés persistent parfois en début de saison.

Réserver le refuge

La réservation est vivement recommandée, et indispensable lors des périodes chargées. Le refuge est gardé en saison et propose restauration et nuitée.

Équipement

Chaussures de randonnée adaptées, vêtements chauds et coupe-vent, protection solaire, eau, encas, carte/trace hors ligne et frontale pour la nuit. Les bâtons sont appréciables dans la pente terminale et à la descente.

Niveau

Aucune difficulté technique majeure sur l’itinéraire classique estival, mais il faut être à l’aise avec une journée longue, près de 1 000 m de dénivelé positif depuis le refuge et une altitude supérieure à 3 000 m.

Respect du site

Le massif fait partie d’un site Natura 2000. Restez sur les sentiers, redescendez vos déchets, respectez les zones humides et les troupeaux. Les chiens doivent être tenus en laisse sur l’itinéraire officiel.

 

You may also be interested in...
Hikers on the path to simple happiness

Hiking and Trail Running Guide in Haute Maurienne Vanoise

60 hikes and trail runs to explore, ranging in difficulty, with recommendations and technical information.
Read more
View of the Les Evettes Shelter—Grand Meaun hike

Hiking Loop from the Evettes Shelter

To avoid the particularly challenging hike through the Reculaz Gorge, take this route, which will lead you on a gentler path to a glacial cirque that’s very family-friendly.
I'm discovering!
Tour des Glaciers de la Vanoise, Aussois pass

Vanoise Glacier Tour

Imagine a blue sky framed by towering mountains, rivers winding from the peaks down to the valleys, and glaciers covered in eternal snow. Against this idyllic backdrop, we invite you to join us on an adventure to complete the legendary Tour des Glaciers de la Vanoise.
Discover!
Written by:
Florian Lambert Community manager Valfréjus