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Contes et légendes

La Légende du diable de Bessans

  • Bessans
  • histoire
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  • Tradition
Dès l'avènement de la période Baroque, des artisans locaux itinérants, formés dans le Piémont à la sculpture sur bois et à la dorure, parcourent la vallée pour magnifier l'intérieur des églises et des chapelles dont le financement incombe aux villageois. C’est dans ce contexte qu’est issu la légende du diable de Bessans.
Bessans

Un diable, au centre du village !

L'origine d'un symbole
1857, entre Bessans et l’Esseillon, une “guéguerre” de religion

Au XIXème siècle, un “Chantre” du village de Bessans, nommé Vincendet, très en colère contre son curé, fabriqua un diable de bois tenant un curé sous son bras. Un matin de très bonne heure, il alla le porter sur la fenêtre du prêtre. Celui-ci se doutant d’où venait ce diable, il prit le chemin de la fenêtre de son créateur pour y déposer la statuette au matin suivant. Ce petit manège dura plusieurs jours. Créant du mouvement de bonne heure dans le village, le diable attira l’attention d’un voyageur passant par Bessans. Il s’adressa au dit Chantre Vincendet qui vit tout le profit qu’il pouvait tirer de sa sculpture.

Ce fut le début du courant satirique et commercial du Diable de Bessans.

Le diable de Bessans sous la neige

La malédiction du Diable

La légende
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Chapitre I Un ouvrage maudit
Il y a fort longtemps, Joseph, un petit entrepreneur bessannais, s’était vu confier la construction d’un pont de pierre reliant deux ouvrages fortifiés : la Redoute Marie-Thérèse et le Fort Victor-Emmanuel.

Les travaux n’avançaient guères et l’hiver se faisait de plus en plus proche. Le malheureux bessannais se lamentait et, pour couronner tous ses tourments, deux jours avant la date de livraison du pont, ses ouvriers démissionnèrent.
Ce fût un trop gros coup dur pour lui, jamais il ne pourrait terminer le pont tout seul, et s’il ne remplissait pas son contrat, c’était l’emprisonnement dans l’un des deux forts ou, pire encore, la déportation en Piémont !

– Que vais-je devenir, pleura-t-il.
Ce pont sera ma mort si je ne le termine pas avant demain. Dieu sait si je reverrai ma femme et mon doux village de Bessans ? Que dis-je Dieu ? Seul le Diable peut me venir en aide.

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Chapitre II Le messager

Arrivant par la route de Modane, un homme de haute taille, coiffé d’un chapeau à larges bords, comme on en voyait dans la région, s’approcha de Joseph.

“- Qu’as-tu l’ami à te lamenter ainsi ?
– Ne m’en parlez pas, Etranger, je dois finir ce pont avant demain, le travail n’avance pas et tous mes ouvriers m’ont quitté.
– Ce n’est pas bien grave, cela peut encore s’arranger.
– Mais je n’y arriverai jamais et on me jettera en prison.
– Tu as appelé le Diable à ton secours, eh bien, il m’envoie t’aider. Tu veux éviter la prison, alors signes-moi ce papier et ton pont sera construit demain à l’heure dite, et toi, tu pourras retourner à Bessans avec tous les honneurs et les écus qu’on te donnera.
Joseph, l’entrepreneur, n’était pas rassuré. Mais aller en prison à Turin ne l’enchantait pas. Après avoir réfléchi, il dit à l’envoyé de Satan :
– D’accord, je signe, mais cela me semble trop beau ! Que me demandes-tu en échange ?
– Voilà, demain, le pont sera fait, mais à une seule condition, la première personne qui passera sur le pont, appartiendra à mon maître.”

Joseph était affolé, faire une chose pareille lui paraissait impensable ! Mais la peur de moisir en prison avec les rats fut la plus forte, et… il signa…

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Chapitre III Le mystère des quatre cornes

Revenu à Bessans, sa femme lui trouva un air tourmenté et à force de questions, il finit par lui avouer toute l’histoire.

– Ne t’en fais pas, Joseph, on trouvera bien un moyen d’empêcher le Diable de faire cette sinistre besogne

Et le lendemain matin, quand Joseph et sa femme arrivèrent près des forts, ils eurent la surprise de voir un magnifique pont tout en belles pierres de taille, qui enjambait l’Arc de plus de cent mètres au-dessus de l’eau.
En revanche, quand ils regardèrent à l’autre bout du pont, ils virent avec frayeur une bête monstrueuse, la bouche grande ouverte sur des dents horriblement longues, avec sur la tête une crinière de lion d’où sortaient deux grandes cornes pointues, c’était le Diable !… Il attendait la première personne passant sur le pont.

– Mon Dieu ! Marie ! Le bonhomme n’avait pas menti ; le pont est là, mais le Diable aussi ! Qu’allons-nous faire, mon Dieu ? Qu’allons-nous faire ?

Déjà, venant de Modane, toute une troupe de soldats approchait ; ils devaient se rendre au fort en passant par le pont. A leur tête venait un petit tambour, un gamin de 12 ans, tout fier d’avoir été choisi pour passer le premier.

– Ce malheureux gosse ! C’est lui qui va être la victime, se lamentait Joseph
– Ce n’est pas possible !

C’est alors que Marie aperçut à quelques pas de là, un troupeau de chèvres, broutant entre les rochers, et au milieu de ce troupeau : un bouc ! Mais pas un petit bouc de rien du tout. Non ! Un grand bouc noir, aux sabots luisants et aux cornes redoutables. Marie eut une idée : ramassant un bâton qui traînait sur le chemin, elle écarta les chèvres et en arrivant derrière le bouc, elle lui donna un tel coup que celui-ci partit comme une flèche en direction du pont. Le bouc stoppa net avant de traverser… De l’autre côté, il avait vu la bête !…

Un autre bouc, pensa l’animal, en apercevant les deux cornes du monstre ; il voulait me prendre mes chèvres !

Il se rua si fort sur lui, qu’il traversa la tête de la bête avec ses deux cornes et celles-ci restèrent plantées sur le crâne du monstre.

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Conclusion

Depuis ce jour, plus jamais on ne vit le Diable dans la région, mais depuis, à Bessans, il porte quatre cornes.

Bien des années se sont écoulées depuis cette histoire, le beau pont de pierre s’est depuis longtemps écroulé, il fut remplacé par une passerelle de fer mais cette passerelle s’appelle toujours : ” Le Pont du Diable“.

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Mais attention, car peut-être s’y cache-t-il encore !

⚠ Encadrement par un professionnel conseillé.

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Le diable de Bessans, vidéo cover
Écrit par :
Kaïs Serrano Relations presse et contenus